L´Aude en ligne


 

Il y a quelques semaines, la taxe sur supports enregistrables (cdr, cdrw, dvd) a été décidée.
Si le problème du piratage est bien réel, le principe même d'une taxe qui frappe tous les utilisateurs et surtout la composition de la commission chargée de la réflexion sur le sujet (" Familles de France : le retour ! ") crée un malaise certain.
La répartition des droits de votes faisait apparaître un débat tronqué, et semblait être une formalité pour les partisans de la mise en place de cette taxe.
Un taux raisonnable, une certaine logique et surtout une application ne pénalisant que très peu les petits utilisateurs a permis à cette taxe d'être perçue comme assez logique.
Pour ce qui est de la répartition des sommes collectées, on peut craindre qu'elle serve surtout à entretenir l'organisme chargé de la percevoir…
Mais la chose est, hélas, fréquente dans le système Français et notre capacité d'indignation se dilue souvent très rapidement…
Bon, soit ! une taxe de plus se disait on…
Mais en se basant sur le principe qui veut qu'on ne change pas une " formule qui gagne " ; Mme Tasca, Ministre de la Culture, enchaîne avec une " extension de la taxe sur tout support permettant d'enregistrer des œuvres : décodeurs, magnétoscopes améliorés et ordinateurs. ".
Ce système, déjà existant en Allemagne (200 FR par ordinateur environ) serait de l'ordre de 600 à 1000 FR d'après les premières fuites.
Là aussi, la légitimité d'une mesure frappant à l'aveuglette est fortement mise en cause.
Pourquoi ne pas taxer de la sorte les automobilistes pour d'éventuels excès de vitesse, ou bien même pourquoi pas nous mettre 2 ou 3 mois en détention…au cas où…on est jamais trop prudent…
Plus sérieusement, cette taxe apparaît comme un frein majeur au développement de l'informatique en France.
Le retard considérable déjà accumulé ( pour de multiples raisons) nous place en queue de peloton au niveau Européen, une comparaison mondiale n'étant même plus envisageable !
Il est étonnant que cette discrimination par l'argent, soit le fruit de la réflexion d'un gouvernement de gauche.

Et dans les faits ?
Les débrouillards et magouilleurs en tout genre s'en tireront toujours et leur capacité à s'adapter (aux protections informatiques comme aux règlements) créera, à n'en pas douter, une source de revenus supplémentaire issue des trafics générés par cette véritable " prohibition numérique ".
La démocratisation de l'informatique en général et d'Internet en particulier est fortement menacé par cette mesure.
Nous étions habitués à l'inaction de nos dirigeants dans ce secteur, nous devons maintenant faire face à un véritable " pouvoir de nuisance " .

Comment réagir ?
Le problème du piratage est réel, il semble mettre en danger (d'après Mme le Ministre) tout un pan de l'industrie de la culture.
Ne faisons pas l'économie d'un vrai débat de fond, en tant que Webmaster je vais demander à bénéficier, moi aussi, des sommes perçues : les dessins, textes, photos de mon site Internet peuvent être reproduits et cet état de fait porte atteinte à la notion de propriété intellectuelle !
J'invite tous et toutes à faire une démarche identique afin d'inonder le ministère de la culture, sous réserve que ce projet de taxe ne soit retiré, bien sur.

Pendant ce temps, toutes les " World Company " sont pliées de rire de ce qui semble être une évidence : nous n'avons pas fini d'être " les fromages qui puent "…

DRAKE